Dissertation Histoire Comment Faire

Méthodologie : initiation à la dissertation

L'Introduction

L'introduction est un préambule, une entrée en matière ; elle définit aussi les fondations du devoir.

Pour cela elle est d'une importance capitale: si il existe de mauvais devoirs avec une bonne introduction, il n'existe assurément pas de bons devoirs sans une introduction correcte. Plus précisément, comme un bâtiment ne peut être solide s'il n'est pas construit sur des fondations solides, un devoir ne peut avoir une architecture résistant à la critique s'il n'a pas une introduction solide. De plus, même si ce n'est pas toujours le cas, poser une bonne introduction permet souvent de construire un devoir solide.

Donc, il faut concentrer ses efforts sur la construction et la rédaction de l'introduction afin de poser les fondations d'un bon devoir.

Non seulement, l'introduction est une entrée en matière, c'est-à-dire qu'elle précise les limites du sujet et en présente le contexte mais encore, elle :

  • définit le sens des termes du sujet, indique une éventuelle polysémie (termes à plusieurs sens), note le ton du sujet,
  • pose une question qui va guider tout le devoir, la problématique. C'est cette problématique qui est fondamentale car elle montre si le sujet est compris ou non et est la colonne vertébrale du devoir puisqu'elle guide toute sa progression.

La problématique est la question à laquelle le devoir doit répondre.

Enfin, l'introduction annonce le plan du devoir, c'est-à-dire son organisation interne, la manière dont se déroule le développement. Ce plan doit être suivi durant toute la progression du devoir.

Le développement

Le développement du plan suit l'architecture présentée et annoncée dans l'introduction.

Ce plan se fait en général en trois parties. Exceptionnellement, un plan peut se faire en deux ou quatre parties mais il doit se justifier par un très bon devoir.

Les parties correspondent à ce qui a été annoncé dans l'introduction.

Chaque partie est composée de plusieurs paragraphes (trois ou quatre). Chaque paragraphe présente une idée et une seule, un argument et un seul. Cette idée est accompagnée d'exemples qui l'illustrent sans sortir dans le hors-sujet et sans entrer dans la paraphrase d'éventuels documents fournis.

Les parties se terminent par une transition qui referme l'idée développée par la partie et qui la lie avec la suivante.

La conclusion

La conclusion est la deuxième partie la plus importante du devoir. Elle termine la dissertation et par conséquent, ce sont les dernières phrases que le correcteur va lire avant de donner son verdict. Il est donc fortement conseillé de les soigner particulièrement.

La conclusion termine la dissertation et donc répond à la problématique, c'est-à-dire à la question fondamentale du devoir posée en introduction.

La conclusion ne résume pas le devoir, elle le referme en y répondant.

De plus, lorsque l'on maîtrise bien le sujet, il est possible de terminer la conclusion par une ouverture vers ce qui pourrait être un autre sujet, une autre problématique dans le même champ, mais vers d'autres horizons.

Rappels

Ce qui importe avant tout est la logique du raisonnement, la rigueur et la précision de la démonstration. Les connaissances doivent donc être parfaitement assimilées pour s'enchaîner logiquement.

Exemples de sujets

Sujet de type évolutif :

La Gauche en France de 1945 à nos jours.

Plan possible : chronologique

  1. Une division de la Gauche favorisée par la IV-ème République
  2. Une Gauche marginalisée sous le Gaullisme
  3. La Gauche à l'épreuve du pouvoir en France depuis 1981

Plan possible : thématique

  1. Une Gauche profondément enracinée dans la vie politique
  2. De brefs passages au pouvoir
  3. Une Gauche qui mène de profondes réformes

Sujet de type interrogatif :

Le Brésil, une grande puissance du tiers-Monde ?

Plan possible 1 : dialectique

  1. thèse
  2. antithèse
  3. synthèse

Plan possible 2 : thématique

  1. Critères d'une grande puissance - Atouts
  2. Faiblesses
  3. Notion de puissance ? Puissance en devenir ?

Sujet de type comparatif :

La Grande-Bretagne et la France face au problème de la décolonisation.

Plan possible : dialectique

  1. points communs
  2. différences
  3. bilan

Sujet de type analytique :

L'Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Plan possible : thématique

  1. Description et analyse du phénomène
  2. Explication
  3. Limites du problème - Typologie

 

méthodologie

LA DISSERTATION D’HISTOIRE

Les sujets de dissertation ne sont presque jamais des questions de cours. Il s’agit de sujets transversaux qui mobilisent des connaissances acquises au cours de nombreuses séances ou chapitres de manuels.

CONSEILS PRELIMINAIRES

  • Lire et relire le sujet en analysant chacun des termes (TOUS les termes).
  • Ne pas hésiter à y revenir au moment où la recherche des idées est achevée pour s’assurer qu’on ne s’est pas engagé sur une fausse piste, qu’on n’a pas commis de contresens, qu’on n’a pas réduit ou étendu à l’excès les limites du sujet.
  • Se poser les questions : QUAND ? OU ? QUI ? POURQUOI ? COMMENT ?
  • Procéder à la recherche d’idées, de thèmes, de notations, d’analyses, d’éléments du développement, d’exemples précis. Ne pas chercher à ordonner ce qui passe par la tête. Ne pas tout rédiger au brouillon, de peur d’oublier ce que signifie une notation allusive sur une feuille de papier.
  • Sur le brouillon ne doit figurer qu’un plan assez détaillé : pas de phrases rédigées entièrement, car c’est une perte de temps inutile. En revanche, il est conseillé de rédiger l’introduction au brouillon, de même que la conclusion.

LA PROBLEMATIQUE

La problématique est la question qui fait du sujet un problème à résoudre et du devoir une démonstration.

Un devoir sans problématique est une exposition de faits sans logique.

La problématique découle logiquement de l’intitulé du sujet et de la définition que vous en avez faite. Quels thèmes, quels axes de réflexion le sujet permet-il de soulever ? Quelle est l’idée-force, c’est-à-dire la problématique, autour de laquelle les thèmes peuvent s’organiser ?

De votre problématique dépend le plan du devoir qui constitue votre cheminement intellectuel pour parvenir à répondre à votre problématique (chose que vous faites impérativement en conclusion).

Il faut poser la problématique de préférence sous la forme d’une question.


LE PLAN


La construction du plan est un moment décisif de l’épreuve. Le choix d’un bon plan préjuge de la clarté et de la rigueur de la réflexion, en même temps qu’il conditionne la facilité de la rédaction à venir. Se garder de croire que le libellé du sujet, s’il est en plusieurs termes, suggère nécessairement un plan : Aspects et manifestations du totalitarisme hitlérien, ne peut pas être traité en deux parties : 1- Aspects ; 2- Manifestations.

Tous les sujets de dissertation offrent plusieurs possibilités de plan. Deux grandes catégories : plans thématiques, plan chronologiques. Dans certains cas, l’une des deux solutions s’impose manifestement ; dans d’autres, les deux sont possibles. On peut parfois combiner les deux types de plan : parties chronologiques et sous-parties thématiques ou inversement.

Cependant ne pas mélanger des parties chronologiques et des parties thématiques. Toutes les parties doivent être chronologiques ou toutes les parties sont thématiques.

Plan thématique : C’est le plan le plus courant, celui qui épouse le mieux les problématiques historiques. Il s’ordonne soit autour d’un thème que l’on décline, soit autour de deux ou trois thèmes que l’on compare.

Plan chronologique : c’est un plan délicat qui oblige parfois à des contorsions, mais qui s’adapte parfaitement à certains types de sujets. Ce plan ne doit pas jamais se limiter, pour autant, à une énumération de dates ou d’événements. Comme tout plan, il doit s’ordonner autour d’une problématique pertinente. Le choix des césures chronologiques doit épouser les axes de la problématique. On veillera également au bon équilibre dans le découpage du temps.

Il n’est pas nécessaire de se hâter pour rédiger et bien respecter le temps imparti aux étapes préliminaires. Votre copie ne sera jamais appréciée au poids, mais pour l’effort de synthèse et de clarté, pour le respect de la méthode de la dissertation.


L'INTRODUCTION


Il faut savoir que le jugement du correcteur est déjà avancé à la seule lecture de l’introduction du devoir. De fait, il est vrai que la qualité de l’introduction préfigure souvent la bonne maîtrise d’un sujet. Il est souhaitable de commencer par une phrase particulièrement brillante ou suggestive qui accrochera l’attention du lecteur

Il ne doit pas y avoir de remplissage inutile dans une introduction. Elle ne doit en aucun cas être une simple liste de considérations générales, théoriques ou concrètes, vaguement reliées au sujet. L’introduction doit obligatoirement comprendre, dans l’ordre :

  • une définition des termes du sujet ;
  • une délimitation spatiale et chronologique du sujet ;
  • la formation d’une problématique à partir du sujet tel qu’on l’a défini ;
  • annonce très claire des grandes parties du plan (d’abord, ensuite, enfin).

 


LA PRESENTATION DU DEVOIR


Il faut toujours présenter la copie de telle manière que les différentes parties ou sous-parties soient aisément repérables. Mais évitez les signes graphiques tels que « * », « - »,... Les mouvements de votre pensée ne doivent s’exprimer que par la rédaction.

Chaque partie peut commencer par un chapeau. Il joue en quelque sorte le rôle d’introduction pour chaque partie. Il est surtout destiné à en annoncer le plan ; c'est-à-dire qu’il donne de nouveaux points de repère, plus précis, au lecteur. Ne confondez par le chapeau avec un résumé préliminaire, lequel ferait perdre tout intérêt à la lecture des développements qui lui succèdent.

Il faut aussi soigner les transitions d’une partie à l’autre. Les différentes parties du devoir doivent être clairement reliées et il ne faut donc pas rédiger les phrases de transition.

A chaque paragraphe, un exemple. Quelques exemples bien analysés valent mieux qu’une multitude de références allusives. Il faut donc donner des exemples en nombre raisonnable, bien choisis et surtout analysés précisément.

LA CONCLUSION

La conclusion est sans doute moins essentielle que l’introduction. De taille nettement moindre, elle est aussi normalement beaucoup plus facile à rédiger. Elle n’en reste pas moins indispensable.

On peut la commencer par un « ainsi donc » (mieux que « en conclusion » ou « pour conclure ». On cherchera d’abord à élaborer la phrase finale qui devra être brillante, spirituelle, personnelle ou mieux encore profonde :

- récapitulation, bilan, synthèse ;
- élargissement de la problématique, changement de point de vue.


LA GESTION DU TEMPS

Il n’est pas recommandé de quitter l’examen avant la fin de l’heure programmée, même si l’on estime que l’on ne va pas réussir. À titre indicatif, on peut donner le timing suivant :

lecture et compréhension du sujet : 10 mn
mise à plat des idées, des faits et des exemples : 15 mn
choix de la problématique + plan détaillé : 30 mn
rédaction * 1 heure 55 mn :
15 mn pour l’introduction
35 mn par partie (si trois parties)
10 mn pour la conclusion
Relecture : 10 mn

 

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